Fred Marie du Collectif DR, jury du concours

Le photoreporter Fred Marie du Collectif DR

Après le saut virtuel au Bénin, la semaine dernière avec l’interview de Jean de Dieu BADA et @Beninvies, nous avons le plaisir, aujourd’hui, de rencontrer Fred MARIE, membre du jury du concours :  » Les 100 plus belles photos du Bénin « , photoreporter à l’initiative du Collectif DR. Collectif DR est un jeune mais puissant collectif de photoreporters.

Bonjour Fred MARIE

De quelle/es origine/es es-tu ? 

Toulousain, Toulousain et… Toulousain !

Simple curiosité, combien de tampons de visa porte ton passeport ? 

Je n’ai pas compté mais j’en suis à mon troisième passeport. 

Le pays qui t’a le plus impressionné, inspiré ? 

Si Hong Kong compte comme un pays, je dirais Hong Kong pour la démesure, la skyline, la montagne, la nature, l’océan. C’est aussi la vraie définition du mélange culturel. Quand tu vas au cinéma, tu vois des villes comme New York et plein d’autres mais jamais Hong Kong. Quand tu arrives, c’est le vrai choc culturel. Tu ne sais pas à quoi t’attendre. De ta chambre d’hôtel, quand tu regardes par la fenêtre, tu vois la densité des constructions et c’est hallucinant. Le métro, également était délirant : il n’y a pas de compartiments. Tu as l’impression de voir des gens à l’infini ! 

Ecrire et photographier, lequel de ces deux verbes te rassure ? 

Photographier… Mais en fait, mon truc c’est davantage, dessiner ! (Fred rigole)

Ecrire est pourtant venu avant, car j’ai été formé pour écrire. J’ai fait une école de journalisme dans laquelle j’ai appris les techniques de rédaction en journalisme ainsi que la vidéo et l’audio. Il n’y avait pas de cours de photos, alors j’ai appris sur le terrain. 

Que conseillerais-tu à un jeune qui souhaite devenir photojournaliste ? Faire une école de journalisme comme toi et apprendre la photo en autodidacte ou faire une école de photo ? 

Je lui conseillerais de faire une école de journalisme et de faire le maximum des stages au sein d’une rédaction, pour comprendre le fonctionnement. Mais tu peux aussi devenir indépendant en ne faisant aucune école et en suivant des formations, même en ligne et en accumulant les stages. Quand tu contactes une rédaction pour vendre un sujet, elle se moque de ton CV, sauf cas particulier. D’ailleurs, je ne montre jamais le mien, très peu de gens savent que j’ai fait Science Po. Je le dis parfois, pour crédibiliser ma démarche sur certains projets, mais c’est rare. L’important, c’est de montrer des photos !

Quelle photographie publiée fait ta plus grande fierté ? Un souvenir marquant, amusant, émouvant, lors d’un reportage ? 

Ma photo, la plus publiée, est ma photo de la corde à linge. Elle a été faite en 2013, mais je l’ai encore vendue, il y a quelques semaines à L’Equipe Mag. Mais ce n’est pas ma photo préféré. Ma préférée est aussi mon plus grand regret, car elle n’a jamais été publiée. C’est un ami qui fait du wingsuit, devant le Mont Blanc. Cette photo est encadrée au dessus de mon bureau. Je l’utilise aussi pour mon profil Facebook. Je n’ai jamais réussi à la faire publier. J’ai vendu une des photos de la série, mais pas celle là. C’est un reportage qui me tient énormément à coeur car c’est un pote qui est décédé depuis. Il s’est tué au même endroit, quelques mois après, à cet endroit précis. C’est un mec à qui je tenais beaucoup. Le reportage est délirant, il s’appelle “Dans la tête d’un homme volant”. 

Photos et textes vont de paire, dans ton métier. Quels conseils ou recommandations donnerais-tu aux participants de ce concours ? 

Ne pas oublier le cache de l’appareil photo… (Fred rigole)

La dernière fois que ça m’est arrivé, je faisais un reportage sur le correspondant de guerre photographe, réalisateur de documentaire et écrivain, Patrick Chauvel. J’avais réussi à trouver l’endroit parfait, dans une de ses expos, pour faire son portrait. Il avait 10 secondes à m’accorder. Je ne voulais pas trop l’embêter et aller vite. Je n’avais pas de flash, rien. Au moment où j’arrive enfin à le faire venir à l’endroit prévu, je me retrouve comme un gamin devant son idole. Ses livres sont sur ma table de chevet, et c’est un photographe que j’admire énormément. Donc je me retrouve face à lui et me baisse pour faire la photo. Viseur noir ! Et il me dit : « tu as oublié le cache sur ton appareil photo » avec sa voix de radio. Il ne me l’a pas dit en mode hautain, mais c’était sa façon de me signifier que c’était n’importe quoi ! Dans ma tête, je me suis traité d’idiot mais en même temps je trouvais ça classe de sa part. Si un jour je suis assez mégalo pour écrire mes mémoires, je la reprendrais.

Au sujet du Bénin : Comment résonne le nom Bénin en toi ? 

Ce pays me fait penser à une partie de l’Afrique assez atypique. Pour avoir vu le Mali et le Niger, j’ai l’impression que c’est beaucoup plus verdoyant, c’est plus vivant. Ce pays sonne comme un endroit avec une culture forte et une histoire importante, plus pour moi que des pays qui me viennent à l’esprit comme le Sénégal, le Kenya qui ont plus des images de destinations touristiques de masse. 

Pour mieux te cerner, jouons au questionnaire de Bernard Pivot :

  • Ton mot préféré ? Liberté
  • Le mot que tu détestes ? Impossible
  • Ta drogue favorite ? Le vin blanc
  • Le son, le bruit que tu aimes ? Le silence
  • Le son, le bruit que tu détestes ? Mes voisins
  • Ton juron, gros mot ou blasphème favori ? Putain
  • Le métier que tu n’aurais pas aimé faire ? Banquier
  • La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel tu aimerais être réincarné, si c’est possible ? Un chat 

Merci à Fred Marie pour son interview. Pour en savoir plus sur le Collectif DR c’est par ici.

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